« Pleurez tout votre saoul »

Pour dépasser la peine, traverser un deuil, traiter un traumatisme, il est indispensable d'extérioriser la charge émotionnelle, de vider la tension, d'évacuer corporellement le poids de la douleur.

Cela nécessite parfois de trouver un surcroît de courage, pour se placer pleinement en présence de sa tristesse. Cela nécessite parfois de baisser la garde, dans un élan d’humilité, face au regard des autres et face à soi-même. Parfois cela nécessite simplement de se donner le droit, de s’accorder ce soin pour soi-même. S'autoriser à pleurer autant que de besoin est un élément clé de la guérison.

Nous retrouvons cela sous la plume d'Elisabeth Kübler-Ross et David Kessler :

« Le plus grand mal que vous puissiez vous faire, c'est de vous empêcher de pleurer. Les larmes contenues ne font que remplir davantage le puits de votre peine. Si vous devez sangloter une demi-heure, ne séchez pas vos larmes au bout de vingt minutes. Pleurez tout votre saoul. Vos larmes se tariront d'elles-mêmes. Et une fois la dernière versée, vous serez soulagé. »

 

Elisabeth Kübler-Ross & David Kessler, On Grief and Grieving: Finding the Meaning of Grief Through the Five Stages of Loss, 2005
traduction en français par Joëlle Touati, Sur le chagrin et le deuil, 2009